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Noir

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Je pourrais pendant longtemps tourner autour du pot, et vous dire que si j’ai choisi d’intituler ce post « Noir » c’est en référence à mon rouge à lèvres, noir en l’occurrence. Je dis rouge à lèvres, mais il pourrait tout aussi bien s’agir de mon perfecto, de mon slim ou bien de mon chapeau. Noirs. Non, « Noir », ici, c’est moi, c’est ma peau, c’est le groupe ethnique dans lequel on me classe. « Noir » c’est ce mot que beaucoup ont peur d’employer. Alors on dit plus facilement « Black », gens de couleurs, peaux mates, Africain, et ce avant même de connaitre les origines de la personne en face, parce qu’on ne veut pas dire ce gros « maux » en premier: il ou elle est Noir/e. La plus triste et amère boutade à ce sujet revient très probablement à Ray Charles avec cette phrase si célèbre: « Je suis aveugle, mais on trouve toujours plus malheureux que soi, j’aurai pu être Noir ».

Ce post je l’ai tant imaginé. J’ai mis tant de temps à l’écrire, à le penser et à m’exprimer. Tant d’introductions que j’avais envisagé, de justifications auxquelles j’avais pensé, mais rien ne semblait jamais assez bien pour oser enfin le publier. « Noir » ce n’est pas un essai académique, pour tenter de trouver des explications ou des solutions, non, c’est mon histoire et mes sentiments vis-à-vis de tout cela. En fait, comme n’importe qui aurait pu le faire en vous parlant de son histoire d’amour, de ses phobies ou de ses peurs, je vous parle « Noir ».
Un « Vis ma vie » 2.0.

  • « I don’t stand for Black man’s side, I don’t stand for White man’s side », Bob Marley

Très tôt je l’ai su. Oui, très tôt j’ai été consciente que cette peau avait le pouvoir de rendre le comportement de certains bizarre et troublant. Qu’elle pouvait être un frein. D’ailleurs, celui que j’aimais secrètement en maternelle me l’avait ô si bien fait comprendre: « Tu es très jolie aujourd’hui Aurélia mais tu serais encore plus jolie si tu étais blanche ». Véridique. Une phrase peut-être due au fait que les pommes ne tombent pas loin des pommiers ou une « simple » histoire de goût d’enfant, mais c’était dit, des années après je m’en rappelle, les bases étaient plantées. Au-delà des barrières que je serais amenée à m’auto-construire au cours de mon existence, il faudrait leur ajouter celles qu’on érigera pour moi, juste en raison d’une couleur.
Tant qu’on ne l’a pas vu ou qu’on ne l’a pas vécu, on peut se dire que c’est un peu exagéré, que c’est voir le mal là où il n’est pas, que ça n’existe plus vraiment et que cela appartient bel et bien à un temps révolu. Révolu?

« Noir », c’est être prise dans cet étau. Un étau à l’intérieur duquel m’accepter a quelques fois été compliqué, quand autant de messages subtils, parfois dépréciatifs, sont distillés envers l’ethnie à laquelle j’appartiens.
Cela se traduit par des dires affirmant que j’ai une nature de cheveux impossible à dompter. Que j’ai une nature de cheveux qui s’inscrit mal dans le milieu professionnel. Que j’ai une peau difficile à maquiller. Qu’il y a de jolies couleurs de peaux noires, mais les très foncées là, c’est pas possible. Que les femmes noires aux formes passent très bien dans les clips vidéos, mais un peu moins sur les défilés. Je doute qu’une Gigi Hadid version noire serait aussi bien acceptée. Que lorsque je déclare admirer Sojourner Truth, par lien de causalité, je suis une fille en mode «délires de Renois». Que donc, par ce même lien de causalité, je n’écoute que du India Arie ou du Common, que je sens l’huile de patchouli et que sous mes pulls col roulés se cachent des colliers en os de poulet.

Tout un tas de stéréotypes et de clichés. Des clichés que beaucoup semblent entretenir eux-mêmes au sujet de leur personne, toujours en raison de cette couleur («Je suis Noir, je ne vais pas au ski», «Je suis Noir je ne mange pas ça»…).

Comme si avant d’être soi, on est « Noir ».

Vous savez, j’en ai déçu quantité, qu’ils aient été Noirs ou Blancs, quand ils m’ont demandé si les soirées 100% zouk/dancehall étaient mes préférées, et que j’ai répondu non. J’en ai déçu quantité quand ils m’ont demandé si je savais tresser, et que j’ai répondu mal.
Et combien de fois, en retour j’ai été taxée de «bounty» parce que mes goûts «détonnaient pour une Noire». Parce qu’un de mes pays préféré est l’Islande ou parce que je préfère l’hiver à l’été.
Je n’agis pas « Noir », ou anti-stéréotype « Noir ». J’agis suivant mes goûts. Mes préférences et ce dont je suis capable n’est pas déterminé ou lié à ma couleur de peau.
Je n’ai jamais été très fan des chaines telles que BET ou M6 Black car pour moi elles alimentaient certains stéréotypes. Avec le recul, je me rends compte qu’elles ont néanmoins le mérite de faire exister certains talents. C’est parce que la diversité manque, qu’on ne peut pas non plus tout reprocher à ce type de canaux spécialisés. Un Black History Month n’aurait pas lieu d’exister si on parlait aussi de figures Noires importantes dans les livres d’écoles; tout comme une journée Internationale de la Femme n’aurait pas lieu d’exister si l’égalité était avérée. Ce type de manifestation, ce n’est pas reconnaitre une supériorité à l’Autre, c’est attirer l’attention, à des moments donnés sur des êtres discriminés, et montrer que la place n’est souvent occupée que par l’Autre.

  • « The only thing that seperate women of colour from anyone else is opportunity », Viola Davis

Il y a eu des moments dans ma vie, où je me suis d’abord pensée d’un point de vue couleur plutôt que personne. Parce que depuis le discret «non, pas des gens comme ça», que j’avais entendu après avoir déposé (seule) un CV dans un magasin de quartier, on comprend.
Alors, à certains entretiens, j’ai parfois cherché du regard s’il y travaillait d’autres Noirs, comme pour me rassurer: si je ne suis pas prise, ce n’est pas en raison de ma peau.
Alors, j’ai googlelisé les mots «racismo» et «nazismo» lorsque je suis partie vivre en Espagne la vingtaine à peine. Parce qu’avant d’avoir eu peur de ne pas savoir me débrouiller dans cette ville inconnue, j’avais surtout peur d’être confrontée à une discrimination évidente.

« Noir » c’est parfois se demander, si on serait amené à avoir plus d’opportunités pour montrer ce que l’on vaut si on avait une autre couleur de peau, se demander si on aurait un plus grand réseau ou plus de réussite.
Me voit-on uniquement comme une blogueuse Noire, ou me voit-on comme une fille qui parle mode et acceptation de soi, et qui est noire?

« Noir » c’est se demander quand on sera assez bien pour être enfin considérée telle que l’on est. C’est avoir mal en constatant que tant de coiffures si spécifiques à la beauté noire, qui au passage m’ont valu quantité de moqueries quand j’étais plus jeune (tresses, nattes, cauris), sont érigées au rang de cool et mode lorsqu’elles sont adoptées par une Kardashian ou une Hadid.

Alors j’ai peut-être été maladroite dans la rédaction de ce post, mais en vrai, il n’avait pas de visée juste ou pas juste. C’est une réalité, c’est ma réalité. Une réalité que je ne suis pas la seule à connaitre, parce que cette peau saturée en mélanine continue à poser problème et être source de tabous et d’apriori.

Ouais, je fais encore ce rêve…

Le look:

Photos: Yasmine Bennis

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52 Comments

  • Reply
    Grazielllla
    4 février 2016 at 10:49

    Ton post est très touchant.. je te rassure, je suis typée arabe, et je vis la même chose… à chaque communauté ses préjugés… lol moi, on me demande si je sais faire du couscous, danser Oriental, ou parler en arabe…. Pour l’histoire des cheveux, j’ai tout simplement renoncé au coiffeur… lol un peu marre d’être traité comme petite bête curieuse… « ah, vous avez beaucoup de cheveux, comme si on se devait d’avoir une quantité de cheveux précise »… lol Alors, tu es noire, belle et surtout intelligente… ce qui manque à bien des gens… Une belle journée.
    http://www.grazielllla.com

    • Reply
      Les Carnets d'Aurélia
      5 février 2016 at 19:51

      Hello Grazielllla!
      Ah oui les préjugés vont bon train peut importe l’origine.
      ahah « j’adore le petite bête curieuse », limite tu sens que les coiffeuses se battent entre elles « vas-y toi », « non pas moi » lol
      Merci beaucoup pour tes compliments, le mot intelligente me va droit au cœur!
      à bientôt!!

  • Reply
    Aurélia
    4 février 2016 at 11:25

    Merci pour ce post. Il exprime à peu de choses près ce que je ressens à propos de l’identité du Soi et de cette étiquette qui nous colle irrémédiablement à la peau. C’est un long combat avec soi, avec le regard des autres et à quel point on laisse ce regard façonner qui on est. Jusqu’à se rendre compte que cette réalité certes réelle ne nous définit pas. Nous avons chacun(e) le pouvoir de nous définir par nous même malgré cette réalité. Nous ne sommes ni une couleur ni une case, nous sommes juste des entités propres qui s’avèrent avoir des caractéristiques physiques différentes. Et heureusement que ces différences existent car c’est ce qui fait la beauté de notre monde.
    C’est un très beau post sur l’acceptation de soi et ce à travers son propre regard. Ton post fait d’autant plus écho en moi car le hasard fait que nous portons le même prénom et la même « étiquette ». 🙂
    Bonne continuation pour ton blog qui est une belle réussite et une inspiration.

    • Reply
      Les Carnets d'Aurélia
      5 février 2016 at 20:05

      Merciiii … Aurélia!
      Oui c’est exactement ce que j’ai appris en grandissant. Qu’il faut continuer à aimer ce que j’aime et ouvrir grand les yeux pour continuer à découvrir ce qui m’entoure. Je ne me soucie plus autant des étiquettes et du regard des autres, mais dire que je m’en fous totalement serait aussi un peu manquer d’authenticité. Surtout quand ce regard peut entrainer par effet de ricochet, des actions, des paroles et des situations néfastes. Je pense que j’ai pu et déjà surtout, pensé écrire un post comme celui-ci car j’ai un peu plus de recul qu’avant, plus de maturité. Je suis dans une phase où voilà je m’accepte: couleur de peau, formes du corps, caractère.

      Merci pour les encouragements!

  • Reply
    deltreylicious
    4 février 2016 at 11:56

    Les photos sont magnifiques, on dirait qu’elles sortent tout droit d’un magazine !
    Deltrey
    http://deltreylicious.com

    • Reply
      Les Carnets d'Aurélia
      5 février 2016 at 19:41

      Merci!!!

  • Reply
    rockngirly
    4 février 2016 at 13:46

    je découvre ton blog par la une d’hellocoton, je te trouve sublime, bien au delà de la couleur de ta peau, tes photos sont sublime, ce chapeau et ce rouge a lèvre!
    tu es peut être noir mais tu es avant tout super belle, et je m’en vais de ce pas découvrir ton blog

    • Reply
      Les Carnets d'Aurélia
      5 février 2016 at 19:41

      Merci à toi!
      Bienvenue et bonne découverte alors!! hihi

  • Reply
    Deer Romande
    4 février 2016 at 13:55

    Magnifique!! Une très jolie découverte qu’est ton blog… ♥

    Plein de tendresse.

    • Reply
      Les Carnets d'Aurélia
      5 février 2016 at 19:36

      Merci beaucoup et bienvenue <3

  • Reply
    Aline
    4 février 2016 at 14:09

    Elles sont très réussies ces photos, le maquillage, le look et l’endroit illustrent parfaitement le thème de l’article ! Thème intéressant car semi tabou (les mots sont délicats et maladroits) et en même temps très actuel. Les choses changent, tout se mélange de plus en plus et j’espère qu’un jour les stéréotypes seront moins forts et moins discriminants. La mode permet aussi cela, les codes changent et l’on peut aujourd’hui ressembler à quelqu’un qui est notre opposé « de nature ».
    Je suis de mon côté la petite blanche aux yeux bleus et je ressent exactement ce que tu décris, à l’inverse … Je sais que cela me range dans une case qui m’aide souvent, me dessert de rares autres fois mais surtout que je ne peux jamais vraiment en sortir… et c’est chiant ! Un jour peut-être, l’esprit humain saura aller au delà de ce premier jugement sur l’apparence et élever ses idées.

    • Reply
      Les Carnets d'Aurélia
      5 février 2016 at 19:41

      Oui tu as raison de le souligner, les histoires sur ce ressentit sont multiples et ne vont pas effectivement que dans le sens Blanc vers Noir.
      Avoir une impression un préjugé est une chose, ne pas le dépasser et l’alimenter c’est ce qui est triste et dommage.
      Oui j’espère aussi, un jour..
      à bientôt!

  • Reply
    prettylittletruth
    4 février 2016 at 14:39

    Magnifique article 🙂

    • Reply
      Les Carnets d'Aurélia
      5 février 2016 at 19:31

      Merci!
      🙂

  • Reply
    Anne-Laure
    4 février 2016 at 14:49

    Je me reconnaîs tellement dans ton article ! Ce sentiment d’être contrainte comme tu dis à aimer « les trucs de noirs » comme si on n’avait le droit d’aimer que Beyoncé…
    Et oui être « bounty » ! Moi j’ai eu le droit à négropolitaine… Ni antillaise ni métropolitaine, être toujours minoritaire ou que je sois… Et puis les fameux clichés, « ah vous les noirs vous avez le rythme dans la peau… », « vous êtes bronzés toute l’année… ». C’est jamais dit méchamment mais c’est tellement agaçant !!
    Merci pour ce post qui est bien écrit au demeurant et bravo pour la Une hellocoton ca m’a permis de découvrir ton blog !

    • Reply
      Les Carnets d'Aurélia
      5 février 2016 at 19:36

      Ah oui ce fameux négropolitaine…
      Je l’ai souvent ressentit en vacances cette labellisation « petite métropolitaine en vacances ».
      Enfin …
      Merci de ton retour en tout cas!
      à bientôt!
      Aurélia

  • Reply
    deltreylicious
    4 février 2016 at 15:06

    Ah la la ma belle, désolée, je n’ai pas pris le temps de lire ton post tant j’étais subjuguée par tes photos. Mais j’aurai eu tort de ne pas le lire, tu dis tellement de choses vraies sur le comportement des gens face à la couleur de peau. Ce que tu as dis par rapport à ton amoureux d’enfance m’a choqué et ce que tu as dit par rapport à la coupe de Kim K m’a fait sourire car petite je détesté cette coupe quand me mère me l’a faisait, car on se moquait de moi, on trouvait ça ringards et maintenant c’est in !
    Tu as bien eu raison de publier ton article !
    Deltrey

    • Reply
      Les Carnets d'Aurélia
      5 février 2016 at 19:30

      Merci Deltrey!
      Merci d’avoir pris le temps de le lire et de le commenter.
      Oui j’ai longtemps hésiter et puis bon ça fait aussi du bien de se livrer sur des choses un peu plus personnelles parfois!
      à bientôt!

  • Reply
    Cindy
    4 février 2016 at 15:17

    Le look est sublime, et toi aussi d’ailleurs ! C’est un article vraiment beau et touchant.

    • Reply
      Les Carnets d'Aurélia
      5 février 2016 at 19:42

      Merci beaucoup Cindy!!

  • Reply
    Anne-Cé
    4 février 2016 at 17:18

    Wow !
    Merci pour cet article… Il m’a vraiment fait du bien et j’ai toujours rêvé d’en écrire un comme ça.. Mais comme toi j’avais peur de tomber dans la maladresse et je me suis jamais résolue à le faire !
    Je suis vraiment contente d’entendre ton témoignage et de me dire ‘Pfiou, je suis pas la seule à penser ça’. Lorsque j’en parle avec mes amis, ils me disent automatiquement qu’il faut arrêter de se sentir discriminée automatiquement, donc ça fait vraiment du bien d’entendre ça !

    Merci beaucoup pour ce post !

    • Reply
      Les Carnets d'Aurélia
      5 février 2016 at 19:47

      Comme je te comprends.
      J’ai mis longtemps à le publier et puis je me suis aussi dis WTF, si je m’auto-censure sur mon propre blog, ça rime à quoi?
      Moi aussi ça me fais énormément de bien de lire autant de commentaires de filles (Noires, Blanches, Maghrébines) qui me disent connaitrent la même chose.
      Moi aussi ce côté « oh non, faut arrêter de se victimiser, de se sentir automatiquement discriminée » m’agace. Minimiser les sentiments que quelqu’un peut ressentir face à une situation complexe je trouve ça un peu aberrant.
      En tout cas merci pour ton retour il me va droit au coeur!

      Aurélia

  • Reply
    Lucie
    4 février 2016 at 18:43

    Chapeau bas Madame ! Vraiment, tu as su trouver les mots parfaits pour nous livrer ton sentiment. Il faut que les choses changent, qu’elles évoluent et que, peu importe notre « catégorie ethnique », nous soyons tous considérés comme des êtres humains, élément de l’Humanité.
    C’était un plaisir de lire tes mots. Je ne connaissais pas ton blog, j’ai cliqué par curiosité et je ne regrette pas. Tes paroles m’ont touchées.
    A très bientôt !
    Lucie

    • Reply
      Les Carnets d'Aurélia
      5 février 2016 at 19:29

      Merci beaucoup de ton retour Lucie, ça me fait vraiment plaisir!
      à bientôt!
      Aurélia

  • Reply
    Céline - Coquette et Bavarde
    4 février 2016 at 20:13

    Très joli article! Aussi bien par tes paroles que par tes photos! Il y a beaucoup de talent dans les deux. Et surtout ce que tu dis c’est très touchant, merci de partager ton histoire avec nous!

    Céline

    • Reply
      Les Carnets d'Aurélia
      5 février 2016 at 16:52

      Merci Céline!
      Merci beaucoup pour ton message et tes encouragements cela fait chaud au coeur!

  • Reply
    Isabelle
    4 février 2016 at 20:53

    C’est un joli post, très sincère. Et j’en partage en partie le point de vue. Notamment, la partie à propos de la surévaluation de la part de notre morphotype dans notre identité que tu résumes par :  » Comme si avant d’être soi, on est « Noir ». Il est bien rare de rencontrer quelqu’un qui clame être plus qu’une couleur de peau…. Comme quoi le racisme, au sens le plus pur du terme càd le fait d’avoir des préjugés et des concepts liés à des caractéristiques ethniques, est un mode de pensée largement partagé dans l’humanité et ceux indépendamment de l’origine ! Pour aller plus avant, je pourrais te dire que oui, tu ne peux pas résumer ton identité à ton apparence physique ou à ton appartenance ethnique mais il est bon de faire également attention à ne pas la résumer à celle d’une victime. Il est normal d’avoir mal car nous subissons quelque chose de violent néanmoins il est moins normal de se définir en tant que victime. Il n’y a rien de plus toxique pour nous parce que c’est comme si l’on reprenait à notre compte le mode de pensée de notre persécuteur. De plus, celui ou celle qui intègre une identité de victime change son rapport à l’autre et jette une suspicion sur les autres ( par exemple les blancs) et ça c’est catastrophique, c’est le meilleur moyen de fermer toutes les portes! Tu sais qui tu es, tu sais ce que tu vaux, tu n’es pas concernée par les préjugés des autres sauf si tu acceptes de l’être, il peut arriver que tu aies l’impression d’avoir moins d’opportunités mais je pense qu’ il s’agit d’une illusion car tous les êtres vivent des expériences de rejet et des blessures de l’égo, certains en font un drame (les noirs notamment) d’autres non, il faut faire preuve de résilience, il faut être toi sans attendre une quelconque reconnaissance des autres quelqu’ils soient…. c’est ça être adultes, c’est admettre que tout le monde ne t’aimera pas (et même si tu étais blanche ce serait pareil!). Ce que je veux dire c’est qu’au fond, le problème ce n’est pas les autres, Il y aura toujours des racistes et des cons de tous poils. La question est : pourquoi leur donner une telle place ? Pourquoi leur donner autant de pouvoir ? Pourquoi se laisser blesser si facilement ? Être soi avant d’être noir, c’est la base car nous ne serions nous résumer à une couleur de peau. Mais être soi sans être une victime, c’est encore mieux, c’est une force qui pour le coup ouvrent toutes les portes, c’est cette attitude qui créent les opportunités. Tu es magnifique, tu es talentueuse et tu es noire entre mille autres choses. Tu peux être fière de tout ce que tu es sans tomber dans la revendication ni être blessée parce que des esprits étroits de savent pas apprécier la beauté de tes cheveux par exemple. La société est telle qu’elle est, pour ma part, je me fiche des standards de beauté occidentaux. Je n’ai rien contre seulement, ils ne me concernent pas, voilà tout. Je n’attends rien ni des blancs, ni des noirs. Je vis ma vie et le fait d’être différente est ma force. Je ne me suis jamais considérée comme une victime c’est pourquoi toutes les portes s’ouvrent à moi. Je ne me sens pas concernée par les gens à l’esprit étroit qu’ils soient noirs ou blancs.

    Je te parle un peu comme une grande soeur, bon j’ai 45 ans et toi tu es bien jeune. Sois forte. Tu es une magnifique jeune femme. Epanouies toi, c’est ce que tu as de mieux à faire….Oublies ta couleur et empresses toi d’oublier aussi les blessures liées à tout ça…. franchement ça n’en vaut pas la peine.
    Voilà, je t’apprécie bcp et je copie tes looks même si je ne suis quand même plus une jeune poulette de printemps 😉
    Je te suis sur insta et j’adore ton blog et tes looks…..Keep up the good job!
    Bye ! Isabelle.
    PS : oh et aussi un dernier truc: fuis, cours le plus vite possible, fuis tous les noirs qui accordent trop d’importance à leur blackitude et/ou qui se prennent pour les victimes des blancs. ils te tireront avec eux sur un terrain qui , il me semble, n’est pas pour toi et te rendra malheureuse. Il ne faut fréquenter que des gens heureux et bien dans leur peau !

    • Reply
      Les Carnets d'Aurélia
      5 février 2016 at 20:35

      Hello Isabelle,
      Merci pour ce retour constructif et ta bienveillance.
      Je me permets de rebondir sur quelques points dont tu parlais, notamment la victimisation.
      Je suis d’accord quand tu dis qu’il « ne faut pas intégrer une identité de victime », oh que oui!
      Crois moi je suis la première a être consciente qu’on ne peut pas aimer tout le monde, et que tout le monde ne peut nous aimer en retour, crois moi et je ne m’arrête pas à se genre de chose.
      Mais parfois il faut aussi reconnaitre et dire qu’on a été victime de quelque chose. Il faut appeler un chat un chat. Je ne voulais pas donner l’image du personne au profil de victime, et je ne pense pas la donner. Je suis humaine, j’ai des moments de doutes et d’interrogation, mais celle d’une victime je ne pense pas. Si oui, j’aimerais savoir quels passages t’ont fait tilter. Les faits que je relate, ceux où j’ai été victime d’un racisme criant datent de quand j’avais 17-22 ans. Ce sont des faits on ne peut les nier. J’accorde une différence entre être conscient de quelque chose et ne pas oser parce qu’on a peur de cette chose. En Espagne j’y ai vécu et ai certainement passé l’une des meilleure période de ma vie, niveau pro et perso j’ai continué à suivre mon petit bonhomme de chemin, en étant consciente que ça pouvait arriver, mais surtout en étant déterminée à ne rien lâcher tant qu’au but je en serais pas arrivée.
      On ne peut pas non plus tout le temps jouer les femmes fortes. Ce sont des émotions que j’ai eu et que je trouve qu’il ne sert à rien de nier. On est blessé mais on se relève. Des fois on les oublie et des fois elles ressurgissent, d’où ce texte. Mais je pense pour moi qu’il est aussi important d’accepter ces blessures. Encore plus aujourd’hui où je m’accepte pleinement. Oui, le passé est révolu, mais il fait quand même parti de nous, il nous a permis de façonner la personne que nous sommes maintenant.
      Après c’est aussi ce que tu disais justement il faut déterminer pourquoi on a eu aussi mal, pourquoi on s’est laissée autant envahir. Pour ma part, la maturité m’a aidé à y répondre. Et surtout continuer à aller de l’avant, en tant que personne et pas en tant que couleur.
      Ohlala pour les gens qui accordent trop d’importance à l’apparence comme ça crois moi ils font partis du passé 😉

      En tout cas merci pour tes encouragements et pour cet échange!

      • Reply
        Isabelle
        6 février 2016 at 11:15

        Salut ma belle, pour répondre à ta question, il n’y a pas de passage particulier dans le texte qui m’ont fait « tilter », c’est une impression générale d’ensemble. J’ai ressenti cette mélancolie liée à ton sentiment (justifié) d’être une victime et j’ai voulu te dire à quel point c’est toxique pour toi et l’urgence de dépasser ça. Mais je peux me tromper. Après tout, je me rends compte que mon message était sans doute péremptoire. Je suis persuadée que tu as toutes les ressources émotionnelles et intellectuelles pour gérer ça et tu as raison on ne peut pas être fort tout le temps, ni être dans le déni d’une réalité (le racisme). Il ne s’agit pas de cela, il faut bien me comprendre. Mon propos, c’est de dire que la violence des autres même quand elle est dirigée contre nous, ne concerne en réalité que l’autre et que le danger c’est d’en faire une affaire personnelle, un drame personnel. En même temps, je réalise que, il y a plus de 15 ans déjà, je suis passée par la case thérapeute et puis, par la suite j’ai continué mon parcours de développement personnel. Et il est certain que ce parcours m’a amené à intégrer profondément ceci :  » je ne suis pas concernée. Non, je ne suis pas concernée par la haine de l’autre ni par ses préjugés à mon encontre. Mon agresseur possède son propre univers mental à mille lieux du mien et sur lequel je n’ai pas de pouvoir. Il n’y aucune raison qu’en plus d’avoir été insultée, humiliée ou battue, je continue de souffrir ad vitam éternam. Cette violence ne m’appartient pas. Je n’ai pas à porter le fardeau des tares d’un autre. Je n’ai pas à entrer dans le jeu de rôles qui m’a été à un moment imposé et à accepter l’identité de victime même si à un temps t j’ai été effectivement une victime ». Maintenant, il est évident qu’il y a des étapes à respecter, avant d’arriver à ce stade de « détachement » par rapport à tout ça, il faut passer par la case « je veux que mon état de victime soit reconnue » et c’est légitime, normal, bénéfique. Seulement sur le long terme, il faut dépasser cela pour notre propre bien-être, pour notre propre bonheur. N’oublions pas que ceux qui ont humilié, insulté,… nous ont déjà oublié depuis longtemps peut-être même à la seconde où ils ont passé le coin de la rue.

        La haine existe ! Nous croisons son chemin parfois ! Rien ne nous oblige à en faire une affaire personnelle ! La démarche n’est pas facile mais c’est la seule, selon moi, qui soit saine. Les haineux ne méritent même pas que l’on pense à eux, encore moins qu’on soient tristes à cause d’eux.
        C’est mon dernier petit mot à ce sujet, je n’y reviendrai plus car je ne veux blesser personne.
        Certains et certaines ont besoin que leur peine soit reconnue (c’est normal!), c’est ce que je peux lire dans les commentaires ci-dessous et ne sont pas encore en mesure d’entendre mon discours. De plus, nous vivons tous dans des environnements différents. Parfois l’identité de victime est transmise par la famille, le groupe social ou même la société toute entière…En fait, cet ego victimaire est très largement répandu et partagé au-delà même du cas du racisme…et c’est juste du gâchis.

        La souffrance qui perdure bien longtemps après l’acte d’agression pose quand même question quoiqu’on en dise.

        Encore une fois, je te trouve super et maintenant je te suis sur Blogovin aussi ! Bon week-end à toi ! Bon week-end à tous ! Ne laissez personne vous gâchez votre joie de vivre et mettre des nuages dans vos ciels bleus !

        • Reply
          Les Carnets d'Aurélia
          7 février 2016 at 22:42

          <3

  • Reply
    Nathanaelle
    4 février 2016 at 21:15

    ton article ma vraiment ému, je me reconnais dans certains passage j’ai souvent était qualifié de bounty* car j’aime l’art, visité des musée etc
    comme si notre couleur signifie inculte…

    au passage tu es très belle, j’aime ton style et je suis ravi de découvrir ton blog

    • Reply
      Les Carnets d'Aurélia
      5 février 2016 at 15:01

      Coucou Nathanaelle,

      Merci pour ton message!
      Ah oui ce fameux Bounty …
      Je crois que c’est la remarque à laquelle j’ai le plus eu droit surtout au collège, adorant lire écrire et les expositions.
      J’ai envie de dire continuons à aimer ce qu’on aime et nous ouvrir l’esprit en essayant de faire fi de ce genre de remarques.

      Bonne journée et a bientôt!

  • Reply
    Mademoisellevi
    4 février 2016 at 21:30

    Cette série de photos est juste incroyable
    Je suis scotchée 😉
    Tu es vraiment divine
    Je ne suis pas noire alors je ne comprends pas ce que parfois vous pouvez ressentir face au racisme
    Mais j’ai des amis musulmans qui galéjaient plus que moi pour trouver des stages ou des boulots
    C’est une triste réalité, et j’espère tout de même que les mentalités évolueront ….
    Bravo pour ce look , canon de la tete aux pieds !

    • Reply
      Les Carnets d'Aurélia
      5 février 2016 at 16:50

      Merciiiiii pour ton petit mot et tes encouragements!!!
      À bientôt

      Aurélia

  • Reply
    Melvinia
    5 février 2016 at 00:02

    Wow tes photos sont justes magnifiques ! Tellement la classe ce look ! Et ce « rouge » ça en jette sur toi ! Un truc que je ne pourrai jamais porter avec ma peau blanche à taches de rousseurs héhé 😉
    En tout cas bel article, j’ai espoir qu’un jour on arrive à bout de ces a prioris et préjugés stupides… Bonne soirée à toi !

    • Reply
      Les Carnets d'Aurélia
      5 février 2016 at 09:49

      Coucou! Merci beaucoup pour tes encouragements et d’avoir pris le temps de lire l’article.
      Merci merci merci <3
      Bonne journée!

  • Reply
    Perrine
    5 février 2016 at 11:42

    Tes photos sont sublimes et ton texte si bien écrit ! C’est écrit simplement mais en même temps empreint de tellement de sens, félicitations 😉

    • Reply
      Les Carnets d'Aurélia
      5 février 2016 at 14:56

      Merci beaucoup!
      Texte pas facile à écrire mais il fallait que ça sorte.
      Merci encore <3

  • Reply
    CHOUQUETTES & MASCARA
    5 février 2016 at 12:37

    Hello !

    Que cette tenue est jolie. Elle te va superbement bien.
    Tes photos sont très belles. Bravo à toi.

    Gros bisous

    • Reply
      Les Carnets d'Aurélia
      5 février 2016 at 14:57

      Coucou,
      Merci beaucoup et d’avoir pris le temps d’écrire!
      À bientôt,

      Aurélia

  • Reply
    Ophélie
    5 février 2016 at 12:44

    Quels beaux mots . Je te découvre avec ce post « Noir » et je peux te dire que je continuerai à te suivre non pas parce que tu as cette belle couleur de peau et que je suis « une blanche qui aime se prendre pour une renoi » mais parce que tes mots/maux ont résonné en moi pour sûrement un million de raisons. Merci .
    Ah et tu es belle en noir 😉
    Belle journée.

    • Reply
      Les Carnets d'Aurélia
      5 février 2016 at 14:55

      Bonjour Ophélie,
      Merci pour ce beau retour qui fait chaud au coeur. Tu ne peux pas imaginer à quel point des retours comme le tien me réconforte.
      Ahhh oui, les étiquettes ont la vie dur, et ce pour nous tous.
      Je te souhaite une belle journée également!

      Aurélia

  • Reply
    Aurore Dch
    6 février 2016 at 19:43

    C’est le premier article de ton blog que je découvre et c’est un beau témoignage que tu me permets de lire, merci ! 🙂

    • Reply
      Les Carnets d'Aurélia
      7 février 2016 at 22:42

      🙂
      Merci Aurore et bienvenue <3

  • Reply
    Madagascarian
    7 février 2016 at 14:41

    hey !

    moi j’ai adoré ton texte parce que ça m’a fait ressentir pleins de choses, franchement faut juste être fière de ce que l’on est, parfois on ne correspond pas à tous le monde et on ne plaît pas aussi à tout le monde et heureusement haha ! je ne connaissais pas ton blog mais ce seul post m’a séduite et franchement merci pour ce texte, certaine c’est bon de lire tous ça ! et d’ailleurs j’ai adoré ton titre « noir » et ton ensemble, très beau tous ça !

    merci merci encore, des bisous 🙂

    • Reply
      Les Carnets d'Aurélia
      7 février 2016 at 22:43

      Merci merci merci à toi aussi pour ce joli mot doux!
      Prends soin de toi également! Garder la tête haute!
      Bisous bisous

  • Reply
    Emma
    8 février 2016 at 10:01

    J’aime ta mentalit reste comme tu es.
    Très belles photos au passage ! 🙂
    Bonne journée 🙂

    • Reply
      Les Carnets d'Aurélia
      8 février 2016 at 23:32

      Merci beaucoup 🙂

  • Reply
    Latitefraiz
    8 février 2016 at 22:17

    Je découvre ton blog…
    Très beau texte et ton look j’adore, PARFAIT!

    Bise
    Latitefraiz

    http://www.fraise-and-dress.com/

    • Reply
      Les Carnets d'Aurélia
      8 février 2016 at 23:33

      Hello Latitefraiz!
      Merci à toi 🙂

  • Reply
    perdue
    25 février 2016 at 15:38

    salut ! ton post m’a beaucoup parlé ayant vécu à peu de choses près la même chose. je suis métisse franco-camerounaise et étant clair les gens me prennent tout le temps pour une antillaise. Quand je leur dit que je ne le suis pas j’ai des regards ou des réflexions dubitatifs comme pour me dire que je ne peux pas être « noire »/africaine (sachant que les antillais viennent d’Afrique c’est très con comme état d’esprit *tousse*). Je me suis toujours sentie entre les deux, autrement dit « rien ». Dans un pays comme dans l’autre j’ai la sensation de ne pas être réellement à ma place. Surtout que lorsque je suis allée au pays pour la première fois, on m’a fait comprendre que je n’étais pas la bienvenue… Je ne sais pas trop qui je suis actuellement, aurais-tu des conseils ?

    • Reply
      Les Carnets d'Aurélia
      4 mars 2016 at 23:53

      Je comprends hélas ce sentiment et on est beaucoup à l’avoir connu, à le connaitre.
      Tu es celle que tu es. Une métisse franco-camerounaise. Nourris-toi de ces deux cultures mais également de toutes celles qui composent notre monde.
      Ce n’est pas facile, mais éloigne toi de ce type de personne. Ils te font comprendre que tu n’es pas la bienvenue et bien tant pis, continue à découvrir des choses qui te plaisent en faisant fis de ces personnes.
      Certes le regard des autres quand on vit en communauté à son importance, mais il ne te définit pas. Demande toi d’abord ce que tu aimes et vas-y fonce, ne lâche rien. 🙂
      ça ne sera pas facile, mais ça en vaut clairement la peine.
      Enormes bisous!

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