Carnet de voyages Islande

Cercle d’or & Blue Lagoon: un concentré d’Islande à voir absolument?

La nature est sans aucun doute l’atout principal de l’Islande. Grandiose, intacte et préservée, c’est ce qui me donne envie d’y aller encore et encore. La première fois, c’était en février 2010, il y a six ans.

À cette époque, les séjours étaient un peu moins bien documentés et explicités que maintenant. Je savais juste que j’allais m’envoler vers une terre d’aventures où les éléments cohabitaient tacitement et dangereusement ensemble. Je savais que je pourrais me baigner dans des sources d’eau chaude, d’un magnifique bleu, en pleine nature. Ou encore, qu’il y avait une route principale qui faisait le tour de l’île et que les autres qui permettaient d’aller vers le centre étaient si périlleuses en hiver, qu’elles étaient généralement fermées. Dès cet instant, j’ai su que conduire là-bas était une aventure en soi. À l’époque, celle de trop.
Les Westfjords? Myvatn? Akureyri? Ces lieux qui aujourd’hui sonnent si familiers, paraissaient exagérément lointains et inaccessibles.

Pour faite court, l’Islande me fascinait et me faisait peur à la fois. Aventurière, peut-être, mais avec le besoin d’être pas mal rassurée quand même. Alors pour ça, j’ai choisi la sécurité: je m’en tiendrais au Blue Lagoon, à Reykjavik, ainsi qu’au Cercle d’Or situé non loin. Et avec guide s’il vous plait! Pourtant d’ordinaire, les déplacements en groupe, je déteste ça!
Oui, pas très intrépide comme vous pouvez le constater!

Mais pour me justifier une fois de plus, il faut que savoir que je ne disposais que de quelques jours sur place et surtout, surtout, que je n’avais pas le même esprit aventurier que maintenant; celui qui me pousse à découvrir la jungle costaricienne ou à planifier un séjour itinérant au Svalbard pour les mois à venir.
Et même si la nature islandaise appelle à plus, niveau adrénaline, à une époque où le tourisme là-bas en était à ses balbutiements, m’aventurer beaucoup plus loin que la zone de la capitale m’impressionnait vraiment!

Aujourd’hui, j’ai bien changé et la donne aussi; parce que l’Islande est devenue LA destination du moment. On en parle partout, tout le temps. Elle s’est muée en ce genre de destination qui rassure, parce que des amis d’amis y sont allés, ou parce qu’on en parle dans quantités de blogs et de magazines. Le visage déconfit des gens, accompagné du classique «mais qu’est-ce que tu peux bien aller faire là-bas?», a été remplacé par des étoiles pleins les yeux quand on évoque l’imminence d’un séjour sur l’ile.

Dorénavant les gens connaissent l’Islande. Ils ont goûté ses eaux chaudes avant même d’y être allés, vus ses paysages escarpés avant même de les avoir foulés et été éblouis par ses aurores boréales avant même de savoir les chasser. Monsieur le volcan Eyjafjallajoküll n’est pas totalement étranger à ce gain de popularité. En paralysant pendant six semaines le trafic aérien, en mars 2010, il aura été une très belle campagne touristique pour le pays.
Et qui dit augmentation du tourisme, dit avantages. Économiques et sociaux d’abord. Mais aussi, pour nous touristes; celui d’avoir moins peur de partir à l’aventure dans d’autres parties plus reculées de l’ile. D’une certaine manière ça rassure de voir que d’autres se soient rendus là où on aimerait aller.
Des avantages oui, mais aussi des inconvénients: actes d’incivilité; pollution… Et puis, il y a aussi ce paramètre non négligeable: tout est constamment surpeuplé, et encore plus dans les zones touristiques les plus anciennes.

Alors, quand on voit tout ce que l’Islande a à offrir, est-ce que le Cercle d’Or et le Blue Lagoon valent encore la peine de s’y attarder? Ne vaudrait-il pas mieux zapper cette étape? Découvrir d’autres lieux, sortir des sentiers battus avant qu’eux aussi ne se fassent happer par un tourisme de plus en plus grandissant?
Pour avoir connu le Cercle d’Or et le Blue Lagoon à deux moments où le tourisme en Islande était différent, et pour avoir moi-même changé ma façon d’appréhender les voyages, je vous livre mes impressions.

 

Le Cercle d’Or

Il faut savoir que le terme «Cercle d’or», est une dénomination utilisée surtout par et pour les touristes. Elle fait référence aux trois sites naturels les plus visités d’Islande: le parc de Thingvellir, Geysir et la chute d’eau Gullfoss. Situés à environ 1h30 de route de Reykjavik, on les découvre en règle générale les uns après les autres en finissant par le cratère volcanique de Kerio (désormais occupé par un lac), en réalisant une sorte de boucle. De nombreux tours au départ de la capitale y sont organisés chaque jour.

le parc national du Thingvellir; ce site remarquable est classé au patrimoine mondial de l’Unesco; rien que ça. Il est situé sur la zone de séparation des plaques tectoniques eurasiatique et nord-américaine. Rien que ça. On y trouve le plus grand lac naturel d’Islande, le Thingvallavatn. Il est possible d’y faire du snorkelling ou de la plongée, afin d’admirer de plus près la faille terrestre. Rien que ça. Et c’est aussi là, à Thingvellir qu’a été créé le premier Parlement de l’histoire du pays. Site exceptionnel donc, géologiquement et historiquement parlant.
Sur place, on peut librement s’y promener. C’est plutôt grand, donc il est relativement aisé de s’échapper de la foule. Par endroits, le sol rocheux et accidenté est parcouru par de longues et profondes brèches. Un témoignage des plus évidents de l’activité sismique du site qui enregistre de nombreux tremblements de terre à l’année.
C’est un lieu dont la solennité et la majestuosité sont assez palpables. Ses caractéristiques d’ailleurs cristallisent assez bien l’identité même du peuple Viking, premiers habitants d’Islande: violence (beaucoup de personnes furent jugées, condamnées et mortes noyées à Thingvellir), imprévisibilité et impétuosité.
C’est une pépite à visiter et revisiter encore et encore!

Geysir; cet autre haut-lieu touristique se situe à environ 1h30 de Thingvellir. On appelle Geysir le nom de toute la zone en question; une zone dite géothermique. Ce qu’on y voit là-bas? Les restes d’un volcan! Ça comprend un cône, un dôme, mais surtout, surtout on y vient pour voir … des geysers! Deux, pour être exacte, qui répondent aux doux noms de Geysir et Strokkur. C’est d’ailleurs le geyser Geysir qui a donné son nom à la zone toute entière.
Hein, vous n’avez pas tout compris? C’est pas grave, le spectacle vaut toutes les explications du monde. La première fois que j’y suis allée, il y avait moins de neige, on distinguait mieux les contrastes de couleurs qui donnaient au site des allures de fin du monde.
Cette fois, à la neige, il fallait ajouter la glace et le vent. Beaucoup de vent!
J’ai remercié plusieurs fois celui ou celle qui avait inventé les crampons, car ils étaient indispensables si on voulait éviter de se retrouver les quatre fers en l’air!
Mais malgré ces difficultés, le spectacle reste hypnotisant!
C’est une autre ambiance, ce sont d’autres jeux de couleurs: le bleu des caldeiras fumantes est plus saisissant avec tout ce blanc! On s’émerveille encore plus facilement de voir des fumerolles tourbillonnantes s’échappant de ce manteau blanc. Et parce qu’elles ont l’air toutes mignonnes, presque inoffensives, de nombreux panneaux mettent en garde les visiteurs un peu trop insouciants: danger! Gare à celui qui s’amusera à jauger la température des eaux ruisselantes. Le fait qu’elles ruissellent alors que tout est gelé est d’ailleurs selon moi une mise en garde assez convaincante.
Et puis, plus loin il y a des cratères plus gros. Les stars, ceux qu’on vient voir depuis l’autre bout de la terre. Bon en France ça va, ce bout du monde ne nous est accessible qu’après 3 heures de vol (#ouijaipeurenavion).

Geysir est relativement calme; il entre en éruption 2 à 3 fois par jour « seulement ».
L’enfant terrible du site, c’est Strokkur. Il entre en éruption toutes les 8-10 minutes, parfois moins. Quand on s’en approche, on voit la caldeira fumante, l’eau mouvante: droite, gauche, haut, bas; certains crient que c’est maintenant, LE moment. Mais rien ne se passe. Alors l’eau à la surface continue son ballet, elle danse, boue, enfle, stagne. Jusqu’au moment où une énorme bulle bleu turquoise se forme et laisse échapper à plusieurs mètres dans les airs le jaillissement du geyser. C’est l’éruption, c’est beau. L’eau se retire quelques instants laissant le cratère béant, avant de pouvoir recommencer la même chorégraphie.
Il y a du monde, mais je pourrais rester là toute la journée, parce que oui, je vous l’ai déjà dit, c’est beau !



Gullfoss est une succession impressionnante de chutes d’eau lovées au cœur d’un canyon. On y accède très facilement depuis la route. Une fois la voiture laissée sur le parking, on marche un peu et on se retrouve face à deux chemins qui permettent d’apprécier à différents angles de vue le panorama. Souvent, avec toutes les particules d’eau constamment en suspension on peut y voir un arc-en-ciel. De quoi rendre le site encore plus magique. C’était le cas lors de mon premier séjour, cette fois il n’y en avait pas.

La violence des eaux, le bruit, l’absence d’habitation tout autour, tout est bien trop beau. Ici encore, la valse des bus déversant leur lot de touristes est incessante. Si dans le fond je conçois parfaitement que beaucoup veuillent voir ce spectacle magnifique, je trouve ça beaucoup plus troublant de voir que depuis six ans des panneaux «interdit de déféquer» ont été installés. Et les histoires au sujet de touristes de plus en plus sans gêne se font d’année en année un peu plus nombreuses sur l’ile.
Mais en dépit du sans-gêne et de l’irrespect de certains, le Cercle d’Or, ultra bondé certes, est une très bonne mise en bouche de ce que l’Islande a à offrir. Et même si on connait déjà, c’est toujours un plaisir sans fin que de s’y rendre une nouvelle fois. Un incontournable qu’il serait bien dommage de zapper.

 

Le Blue Lagoon

Autre élément important de la carte postale islandaise: le Blue Lagoon. Je me rappelle qu’il y a six ans c’était la première activité que j’avais fait. J’étais intenable à l’idée de voir ces eaux turquoises et de m’y baigner.

Cette fois, ce fut l’une des dernières. Et pour être tout à fait honnête, surement de ma vie.
Si refouler le sol islandais m’a fait l’effet de retrouver une amie perdue de longue date, revoir le Blue Lagoon ne m’a pas laissé la même impression. C’était comme revoir quelqu’un qui nous a été cher, et constater qu’entre nous, dans le fond, il n’y avait plus grand-chose en commun.
En six ans, le Blue Lagoon, est devenu trop onéreux, trop policé et trop fréquenté. La rançon classique du succès!
Alors bien sûr j’ai été la plus heureuse du monde au moment de replonger dans ses eaux bleutées, colorées par la silice, et de profiter de sa chaleur réconfortante alors que la température extérieure affichait 0°C. Oui, j’ai adoré. On était arrivés à l’ouverture, pour pouvoir profiter du lever du soleil. Un moment toujours incroyable le lever du soleil en Islande. Nous y sommes restés près de 2h. Bourrasques de vent, pluie et neige fondue nous ont accompagnés.

Fun, mais l’impression que m’a laissée le Blue Lagoon, c’est que ce n’est plus juste un lieu touristique comme il en existe tant d’autres dans le pays ou dans le monde. Non, c’est devenu une machine à touristes. Une usine. Certaines choses ont disparu, comme la convivialité de se passer entre baigneurs un bol avec de la boue pour se faire un masque, ou la possibilité de la récupérer soi-même au fond du lagon. Non, dorénavant il faut aller au bar à boue. Et ceux qui auront payé une entrée premium pourront revenir en chercher leur masque aux algues. Pas les autres. Bref, on n’est plus égaux au Blue Lagoon.
Aussi, pour s’adapter à la demande et aux caprices de certains, un bar a été construit lui aussi en plein dans le bassin. Même pas besoin de sortir et de se prendre au jeu du « ça caille ». C’est apparemment ça le luxe. Ça et les verres en plastique qui flottent; parce que certains n’auront pas eu la décence de les mettre dans les poubelles pourtant facilement atteignables et repérables. Un luxe qui fait perdre selon moi au Blue Lagoon son charme. D’ailleurs un énorme complexe hôtelier (de luxe hein) est prévu pour 2017.
Ah, et puis tout ce monde… Quand on a baroudé pendant plusieurs jours au calme et reclus de tous, c’est assez déconcertant. Bienvenue à l’Aquaboulevard, made in Islande.
Heureusement qu’un système de réservation été mis en place depuis; sinon je pense que ça serait tout bonnement insoutenable. Le principe? On réserve en ligne un horaire parmi le choix qui nous est fait, sous peine de se casser les dents une fois sur place. Ça devient complet assez vite.

Alors, Blue Lagoon, on y va? On n’y va pas?

Je ne pourrais, même à l’heure actuelle totalement déconseiller quelqu’un d’y aller. Ça reste tout de même un endroit mythique!
Non, je vous dirais plutôt de ne pas en faire votre priorité L’Islande a 100 fois mieux à offrir. Alors si vous n’avez pas le temps d’aller au Blue Lagoon, croyez-moi ce n’est pas bien grave. Si vous avez peu de temps, prévoyez vraiment de visiter une autre source d’eau chaude, pour vivre quelque chose d’un peu moins policé.

Parce que selon moi, même face au succès, la meilleure des réponses est de ne pas toujours tout adapter. Et c’est en tenant compte de ce paramètre que l’Islande devra d’ailleurs gérer son tourisme grandissant.
Car les voyageurs ont beau être plus nombreux, il y a cette impression qu’ils perdent un peu en qualité. En atteste les nombreux panneaux «no human waste» dans certains endroits ou le manque de bon sens de voyageurs dans d’autres (conduire autre chose que des 4×4 et s’aventurer hors de la route principale, toucher avec les mains des sources d’eau chaude découvertes à la dérobée, s’aventurer trop près des vagues…).
Et pour finir, si je devais vous donner un ultime conseil ça serait de visiter tous ces lieux par vous-même. Ne faites pas comme j’ai fait il y a six ans! Oubliez les tours tous préparés, où on vous déplace d’un point A à un point B. Non, partez seul, à l’aventure; parce que voyager c’est ça, c’est sortir de sa zone de confort, c’est se challenger.
Et si vous optez pour des lieux ultra-visités, allez-y à des horaires décalés, à des moments impromptus. Suivez les recommandations, et tout ira pour le mieux.



et pour finir, une petite vidéo de plongée prise sur Youtube, de la faille de Silfra 😉

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10 Comments

  • Reply
    prettylittletruth
    19 décembre 2016 at 11:59

    Je suis d’accord que c’est le plus connu de l’Islande et qu’il faut le faire. Pourtant, c’est vraiment loin d’etre mes endroits favoris en Islande. J’ai deteste le Blue Lagoon, et ai prefere les bains de Myvatn ou ceux de Blonduos 🙂

    • Reply
      Les Carnets d'Aurélia
      19 décembre 2016 at 22:08

      On est bien d’accord! Pour le moment mon coup de cœur est Seljavallalaug.
      Je n’ai pas encore fait Myvatn, mais j’ai hâte 🙂

  • Reply
    Aurélie
    19 décembre 2016 at 16:21

    De très jolies photos. Je pars dans quelques mois pour l’Islande, toutes ces photos me font donc rêver encore un peu avant le départ 😉

    • Reply
      Les Carnets d'Aurélia
      19 décembre 2016 at 22:09

      Merciii!
      Il y a pleins d’autres articles sur l’Islande ici, donc n’hésite pas si tu veux plus d’infos 🙂

  • Reply
    Ophélie Feedback baby
    19 décembre 2016 at 22:36

    Super cet article, on note bien ton désarroi face à la populace qui a envahi les terres islandaises… J’en suis bien désolée :'( Mais ça reste un magnifique pays, je présume !

    • Reply
      Les Carnets d'Aurélia
      20 décembre 2016 at 11:35

      Merci Ophélie!
      Oui c’est un très très beau pays! C’est surtout dommage que les gens ne respectent rien 🙁
      C’est malheureusement souvent le revers de la médaille.

  • Reply
    Emeline
    1 février 2017 at 11:33

    Super. Ca me donne envie d’y retourner.
    Je suis également en train de préparer un article sur l’Islande pour le blog.
    C’était un super voyage !

    • Reply
      Les Carnets d'Aurélia
      3 février 2017 at 10:52

      🙂
      Je garde un œil sur ton blog alors!!

  • Reply
    Anne
    1 mars 2017 at 19:15

    Intéressante réflexion sur ce pays qui soufre aujourd’hui du trop de touristes. Mince, j’aurais du y aller avant!

    • Reply
      Les Carnets d'Aurélia
      5 mars 2017 at 11:28

      Il y a quand même encore le nord et l’est qui ne sont pas encore beaucoup touchés 🙂

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