Mes looks

Wrap your troubles in dreams

Le poncho, au cours de la mi-saison, c’est l’article pratique et esthétique dans lequel s’enrouler.
Le pantalon, lui, c’est mon enveloppe, toutes saisons. C’est mon uniforme. Court ou bien long, large (ma préférence) ou fit, peu importe, j’en porte quasiment tout le temps.

Par abus de langage sans doute, on aime associer pantalon à «masculin» (on le fait quasiment tous, moi la première) comme si, on n’était plus vraiment la même en portant cette pièce. C’est fou de se dire d’ailleurs que même la loi, il y a encore quelques années, le spécifiait franchement, parlant de «travestissement des femmes». Cette fameuse ordonnance, qui interdisait purement et simplement le port du pantalon à la gente féminine. Rien que ça!
En même temps, c’est tellement naturel, tellement logique une femme en jupe; une évidence même que d’avoir un morceau de tissu qui vous englobe et/ou vous saucissonne les deux jambes en même temps façon Ariel La Petite Sirène. Évidemment. Naturellement. #ironie

Si aujourd’hui on a le droit de porter des pantalons et consort, légalement qui plus est, (franchement les gens, merci), on continue de subir une pression plus ou moins insidieuse. Une occasion spéciale ? Penser opter pour un pantalon et c’est devoir préparer un justificatif vestimentaire aux accents « tomboy », avec quand même à la clef, une possible remise en cause de son choix par les autres.
Des défenseurs à temps partiel des traditions qui viendront vous dire que votre tenue est contraire à celles-ci. Ça doit être ça la modernité de nos sociétés, pouvoir choisir librement ce qui nous plait, mais pas vraiment en fait. Imposer une norme à toutes les femmes, on savait le faire avant, on continue à le faire plutôt bien encore maintenant. Pourtant, le pantalon a tout autant sa place à un mariage, qu’à une soirée mondaine. Ce n’est pas Yves-Saint Laurent qui a démocratisé le smoking pour femmes qui me contredirait.

Parce que dans le fond, qui décide? L’adulte en question je pense…
Souvent c’est ce type de prise de position que je peux avoir qui a fait que je me suis vue être taxée de «féministe». Moi. Celle qui ne s’était jamais vraiment sentie comme telle, parce que «ce mot semble ne vouloir rien dire en fait»; parce que «je n’ai pas l’impression de subir de pression dans mon quotidien» et parce que «j’écoute du Gangsta Rap». Et pourtant…
Pourtant, oui, je pense être féministe. En pantalon ou bien en collant. En short ou en maillot.

Si aujourd’hui je pense et accepte de pouvoir être définie comme telle, c’est parce que les diktats de toutes sortes imposés aux femmes, me font vomir et réagir, peu importe mon champ d’action. Ces diktats qui veulent nous faire croire que nous avons une date de péremption qui se mesure à la quantité de nos cheveux blancs, que notre liberté et notre épanouissement se mesurent forcément à la manière dont nous nous habillons, au port et à la taille de nos soutien-gorge, et j’en passe. Des diktats qui se soucient peu de nos capacités, de nos compétences et de nos envies, mais tentent de nous imposer une seule et unique norme. Une norme qui peut être érigée aussi bien par des hommes que par des femmes, qu’elles se définissent elles-mêmes féministes ou non.

Oui, parce que le féminisme quand il manque d’intersectionnalité peut faire tout aussi mal. Ce type de féminisme qui oublie que certaines femmes peuvent être victimes de double discrimination. Celui qui peut avoir des aspects oppressants quand il accuse implicitement de rétrogrades celles qui choisissent la vie de maison, plutôt que celle de l’entreprise. Par choix. Leur choix. Oui l’image de la business woman qui réussit est terriblement inspirante; car elle prouve que les femmes ont de l’ambition à revendre, du talent et qu’elles n’ont pas être cantonnées aux seconds rôles. Oui. Mais, il faut aussi accepter que ce ne soit pas le «rêve» de toute femme. Tout comme ce n’est pas le rêve de toutes d’être mère, mariée ou employée.

Ce féminisme quelque peu totalitaire, bien souvent appuyé par les médias mainstream, qui croit avoir trouvé la recette du bonheur, du succès et de la liberté au féminin, et qui semble décider unilatéralement pour toutes ce qui est bon: professionnellement, vestimentairement, sentimentalement et familialement. Et à la fin, comme avant, on oublie de nous inculquer dès le plus jeune âge que le plus important c’est d’être consciente, souveraine et satisfaite de ses choix. De nous apprendre à contrer toutes formes de pressions.
Alors ne nous excusons pas, ne nous excusons pas de porter notre uniforme quand nous le souhaitons.

Le look:
Poncho: Claudie Pierlot (coloris similaire ici)
Pull: H&M
Pantalon: Zara (old)
Baskets: Adidas Superstar

Photos: Yasmine Bennis










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