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« You can’t sit with us! » – où est la diversité dans la mode mainstream?

Chers H&M, The Kooples, Revolve et compagnie, ce message pour vous dire de ne plus vous inquiéter, cette fois le message est passé. Vraiment bien passé.
En tout cas pour moi, et on ne m’y reprendra plus.

À quoi?
À réclamer et à espérer de la diversité dans vos campagnes de pub. Vous, qui la plupart du temps avez clairement un problème à inclure spontanément, sans rien attendre en retour, des mannequins de couleurs et de formes autres que le triptyque «grande, mince et blanche»; vous ne m’y reprendrez plus à continuellement écouter vos «plus plates excuses», suite à un énième bad buzz de votre part. Coolest monkey, blackface, mépris, et j’en passe.

À subir les continuels «pas fait exprès» de la part de vos équipes marketing, qui bizarrement ont l’air très alertes pour traquer le moindre morceau de cellulite sur la peau d’un mannequin, mais un peu moins quand il s’agit d’insultes et de discrimination. En même temps, peut-être que si vos cercles fermés étaient un peu plus basanés vous comprendriez mieux…non? Et on ne m’y reprendra plus non plus à aveuglément croire que VOUS vous ne produisez pas dans des ateliers douteux à l’autre bout du monde, là où des travailleuses sont maltraitées et surexploitées.

Non, on ne m’y reprendra plus. J’ai arrêté de m’égosiller.

Car depuis, j’ai surtout compris que le message auquel vous étiez le plus sensible, était celui de mon argent. Ma voix, mon ressenti, ma peine, ne vous atteignent dans le fond jamais vraiment ; vous recommencez.

Alors qu’ils soient réels ou bien virtuels (likes, commentaires, follow), puisque vous ne jouez pas le jeu, j’ai décidé de voter pour d’autres marques avec mes euros.
Dans le fond, vous avez beau peser des milliards, faire rêver et j’en passe, sans moi, sans nous consommatrices, vous n’êtes pas grand-chose. Nous avons du pouvoir face à vous. Et aujourd’hui ce pouvoir plus que jamais je l’assieds. Je l’assieds en soutenant, en achetant et en recommandant des marques qui ont l’audace de mettre en avant des filles aux physiques divers et variés, des physiques qui ressemblent à ceux de leur public. L’audace, la vraie; pas celle qui dure le temps d’un coup de pub et qui revêt un aspect presque exceptionnel.

L’audace de ne pas juste mettre un mannequin taille 34,5 au lieu de 34, pour faire genre « nous on est pour la diversité, applaudissez-nous s’il vous plait ». Juste histoire de se donner bonne conscience, de sous-payer ces nouveaux mannequins, et de tout oublier le lendemain.

Ah, d’ailleurs, petite aparté, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais les quelques fois où il y a des mannequins Noires, du Moyen-Orient ou Hispaniques chez ce type de marques mass-market, niveau physique elles ont toujours la « taille mannequin »: ultra-grande et ultra-fine. Comme s’il ne fallait pas non plus qu’elles aient deux «handicaps» à la fois.
Alors c’est pour toutes ces raisons que j’ai arrêté d’espérer beaucoup de la part d’entreprises dont les valeurs sont au final à des années lumières de ce en quoi je crois. Ces marques qui mettent à mal la confiance et l’auto-estime de dizaine de milliers de filles en leur matraquant un seul et unique standard de beauté.

Girlfriend Collective

Des marques comme Par en Par, Little Tienda, Arkitaip, Na Nin, Wear Proclaim, Girlfriend, Rachel Craven et quantité d’autres auront, elles, mon éternel soutien. Ces marques font preuve de respect et de bon sens tout simplement.

Elles respectent la femme en ne lui imposant pas un standard de beauté uniformisé élevé au rang de perfection hégémonique; elles ne dénigrent pas une partie de la population au profit d’une autre, elles ne produisent pas sans compter et/ou annihiler les ressources naturelles, et n’exploitent pas la misère de travailleuses situées dans d’autres contrées.

Au XXIème siècle, dans un secteur aussi riche humainement que la mode comment peut-on encore attendre de faire face à une fronde (rappelez-vous le scandale Revolve début 2018 où il leur avait été reproché de n’inclure aucune influenceuse noire dans un de leur press trip) ou d’être au pied du mur pour faire quelque chose et se remettre en question? Combien de drames dans la veine du Rana Plaza pour que des mesures écologiques et humaines soient spontanément et durablement prises?

Les marques mainstream devront toujours être alpaguées et bousculées dès qu’elles sortent des rangs, je ne dis pas qu’il faille les laisser tranquille, non! Mais juste que personnellement, toute cette énergie, j’ai choisi de surtout la canaliser et la diriger autrement; en soutenant ceux et celles qui font bouger les choses et qui en valent la peine.

C’est entre autre aussi pourquoi je tri très souvent ma garde-robe. Pas juste parce que je n’aime plus certaines pièces en question, mais parce que je n’ai plus forcément envie de garder chez moi, dans mon intimité, des pièces de marques qui manquent de respect à près de 80% des femmes. Ce tri passe aussi par celui de mes comptes Instagram.

J’ai dit « thank you, next » aux profils qui pensent que la diversité ne se résume qu’à poster une photo de Beyoncé le jour de la sortie d’un de ses énièmes projets secrets, alors que le reste du temps quand il s’agit de faire la promotion de leurs vêtements, les femmes noires, les femmes avec des morphologies variées sont reléguées aux oubliettes. Vous nous méprisez, vous nous excluez pour notre couleur de peau, nos cheveux ou nos formes alors bye.

Parfois certaines ne se rendent pas forcément compte du message qu’elles sont en train de véhiculer, appelez ça la force de l’habitude peut être, alors certaines marques pourront se remettre en question, vraiment, d’autres le feront également, mais de manière hypocrite et intéressée, quand d’autres, pas du tout. Et au final on ne peut pas les obliger, c’est leur choix. Alors du coup, si je choisis d’acheter auprès de marques qui ne font pas l’effort de plus de diversité, au final je ne pourrais m’en prendre qu’à moi-même passé un certain stade.

Néanmoins, les choses sont tout doucement en train de changer chez certains, c’est pourquoi je reste convainque que si on continue à voter avec nos euros les choses pourront vraiment bouger.
Et puis sinon il reste toujours la bonne vieille méthode de l’email, où on demande aux marques où elles en sont en terme de diversité et d’inclusivité et on attend de voir ce qu’elles répondent.

Vous trouverez d’ailleurs en cliquant sur le lien suivant un exemple d’un email-type à envoyer.

Diversité : email type à envoyer aux marques

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