Inspirations & Humeurs

Make our planet great again

Donal Boyd*


«Il vient une heure où protester ne suffit plus; après la philosophie, il faut l’action»
– Victor Hugo

Au départ, l’article que je souhaitais publier sur le blog ne devait pas être celui-ci. J’avais en tête de plutôt poursuivre mon carnet de voyage sur la Martinique. Mais le post en question, qui en est toujours au stade de gestation, s’est rapidement retrouvé relégué au second plan, un certain jeudi 1er juin.

C’est ce jour qu’a choisi Donald Trump pour annoncer le retrait des États-Unis, des Accords de Paris, arguant que c’était dans le but d’aider l’économie américaine et de relancer l’emploi. Moi, ce que je retiens de tout ça, c’est un homme qui fait un gros doigt d’honneur à ses concitoyens, aux habitants des autres nations et à la planète dans sa globalité. Un homme qui nie ce qui est en train de se passer au niveau écologique. Dès lors, les États-Unis pourront s’en donner à cœur joie pour surexploiter les ressources de régions déjà fragiles et piller celles qui jusqu’à maintenant étaient plutôt préservées. Je pense en particulier à l’Arctique. Le but est évidemment selon moi, de continuer à enrichir les plus riches.
Alors, face à tout ça, j’ai vu rouge!

J’ai également vu rouge quand j’ai pu constater que certains préféraient chercher la paille se trouvant dans les yeux des autres chefs d’État signataires de l’accord, ou lorsque d’autres louaient Trump qui «lui au moins était en train de respecter une de ses promesses de campagnes». Comme si être une ordure assumée avait en soit quelque chose de légitime et d’admirable. Personnellement à l’heure où la banquise fond, où les bouteilles en plastiques se multiplient en mer bien plus vite que les tortues, et à l’heure où le climat devient fou aux quatre coins de la planète, je n’ai pas envie de jouer au jeu de qui est le plus ou moins écolo. J’ai surtout envie d’entendre des gens qui se préoccupent de la situation, même s’ils ne sont pas «parfaits» et voir des gens qui agissent.

Et ce que cette décision de Trump m’a donné envie de faire, c’est d’enclencher la seconde, de chercher à modifier certains aspects de mon mode de vie, que j’avais déjà commencé à remettre en question et de revoir ma manière de consommer.

Dans le langage courant, on appelle ça adopter des gestes «green», ou «écoresponsables». Pourtant, quand on y réfléchit bien, fut un temps où on appelait cela de la logique, et où de tels gestes étaient tout ce qu’il y a de plus naturel.

Mais à notre époque, où le terme gâchis possède des contours assez flous, c’est le contraire. D’ailleurs bien souvent, au premier abord, on a la sensation qu’adopter un mode de vie plus écolo demande des efforts surhumains: recycler, limiter ses déchets, compenser, pour nous autres issus des sociétés modernes c’est à la limite de l’aliénation, de l’inconventionnel.

Et pourtant… Je me suis rendue compte que j’étais nettement plus heureuse dans la jungle ou sur une ile, là où il y a peu, mais bien mieux comparé à Paris, où, je possède «tout», mais jamais assez.
Du coup, j’ai changé pas mal de choses dans le but de mieux faire cohabiter la technologie de mon époque avec les intérêts de l’environnement. Et même-là, on pourrait, je suis sure, me trouver un milliard de reproches.
Alors je ne suis pas là pour moraliser et vous dire ce qu’il faut absolument faire ou ne pas faire, comme pour tout, chacun est libre, surtout quand il est conscient de ses actes. Néanmoins, si certains de mes gestes «green» vous font prendre conscience de certaines choses, et vous inspirent à revoir les vôtres, alors tant mieux, je serais aux anges.

Mes gestes écoresponsables:

manger moins de viande; les scandales sanitaires autour de la viande, son impact sur la santé lorsque trop souvent consommée et le fait que sa production représente à elle seule 14,5% des émissions de gaz à effet de serre m’a poussée à réduire ma consommation de viande, en particulier de viande rouge. Dorénavant je préfère me tourner vers des viandes bio ou d’élevage en plein air, que je vais consommer deux à trois fois par semaine seulement. Je suis devenue ce que j’appelle une végétarienne ponctuelle, mon but n’étant pas de l’être à temps complet.

me tourner vers la cosmétique cruelty-free; cela passe par l’achat de produits aux compositions un peu plus clean, qui n’auront pas été testés sur des animaux et qui ne contiennent pas d’éléments d’origine animale, incorporés à mon insu.
J’ai ainsi opéré un tri ultra-sélectif dans mon vanity, me débarrassant de mes gels douches aux odeurs artificielles, de mes shampoings composés de sulfate et de mes rouges à lèvres à base de requin. Pour la petite histoire, le requin, souvent mentionné sous le nom de squalene dans la liste des ingrédients, semble être l’émollient préféré de nombreux industriels en ce moment. Heureusement les marques cools et efficaces allant dans le sens écolo se font de plus en plus nombreuses et accessibles. Alors bon, parfois je continue à acheter des produits que j’adore même lorsqu’ils contiennent un ou deux ingrédients douteux, mais c’est le temps que je trouve aussi bien en plus green.

Donal Boyd*

consommer la mode différemment; en tant que fashion addict, je reste convaincue que l’on peut vivre la mode de façon plus éveillée et intelligente. Mes achats «made in China» tendent à se raréfier, même si ma garde-robe en reste pas mal composée. Dorénavant je préfère acquérir des pièces travaillées, confectionnées dans des matières nobles et dont la marque possède une ouverture, fait preuve de diversité et d’éthique (Wool and the Gang, Cantik Swimwear, Uchawi, Hazel and Folk…). Pour moi l’éthique peut exister dans le business. Elle peut exister dans beaucoup de choses qui n’y paraissent pas au premier abord. Par exemple, acheter de la fausse fourrure, une matière synthétique, n’est pas forcément plus respectueux de l’environnement, qu’une vraie fourrure en provenance du Groenland. Surtout si celle-ci aura été vendue par un membre d’une tribu Inuit, se dégageant des revenus de cette façon et consommant la viande de l’animal pour assurer sa survie. Tout un débat selon moi…
J’ai aussi trouvé un certain salut dans les friperies, qui donnent une seconde vie aux vêtements, mais également auprès de nombreux petits créateurs. Le point positif aussi, c’est que face à la prise de conscience qui augmente, certains mastodontes comme Zara, commencent tout doucement à s’ouvrir au sujet, et proposent entre autres des produits entièrement recyclés et/ou recyclables.
Mais là où le bât blesse, c’est qu’à mon niveau je ne consomme pas vraiment local. En effet, la plupart de mes marques chouchous sont anglaises, balinaises, suédoises et australiennes et les vêtements me sont acheminés en avion. Pour rééquilibrer la balance, j’ai trouvé un moyen, qui fait l’objet de mon point suivant.

compenser ma taxe carbone à chaque voyage en avion; s’il y a bien un aspect 100% 21ème siècle de mon mode de vie que je me vois difficilement abandonner, c’est bien l’utilisation de l’avion. C’est peut-être triste à lire et j’en suis consciente au moment de l’écrire, mais c’est vrai! Et pourtant je HAIS l’avion. Mais c’est grâce à lui que je peux voyager, que je peux me documenter en direct sur l’état de notre planète, ou encore que je peux aider.
Alors pour compenser je donne. Je fais des dons à des associations vertes et bleues. Sea shepherd, qui assure de manière musclée la protection des océans; et Reforest’Action qui agit pour la réhabilitation de forêts dans divers endroits sur la planète. En participant à la plantation d’arbres, qui préviennent l’érosion des sols, absorbent le CO2 atmosphérique et purifient l’air que l’on respire, je tends à compenser les émissions de gaz carbonique que je génère lors de mes trajets en avion.

manger de saison; c’est parce que j’estime qu’en France nous avons une agriculture suffisamment riche et variée, que j’ai décidé de ne plus épancher mes envies de fruits rouges, disons par exemple en octobre, et que je cherche du coup à trouver satisfaction avec les fruits et légumes de saison. C’est à la fois éthique et logique. C’est facile dit comme ça, mais ça l’est parfois moins une fois dans les rayons. Je préfère mes fruits et légumes bio de manière générale, et j’aime les acheter sur le marché, directement auprès des producteurs, plutôt qu’en grande surface.

participer à des missions de nettoyage des fonds marins, des plages et des forêts; parce que sérieusement ça coûte quoi de jeter ses déchets dans une poubelle plutôt que par terre?! Et pourtant à voir la quantité de petits détritus qui s’accumulent un peu partout, on a l’impression qu’il s’agit de l’effort de toute une vie. Alors parce que c’est facile et simple, c’est le genre de mission que je m’emploie à faire plus souvent. Surtout en mer, depuis que j’ai mon PADI (diplôme de plongée jusqu’à -18m). Je trouve mes missions sur Initiatives Océanes, SOS Grand Bleu et J’agis pour la nature.

Peut-être que certains penseront que tout cela ne servira pas à grand-chose, mais je répondrais que ce sont les petits ruisseaux qui font les grandes rivières.

 


*Donal Boyd est un talentueux photographe américain installé en Islande. Si j’ai choisi un de ses clichés pour illustrer l’article, c’est parce qu’au-delà de ses clichés saisissant et de toute beauté, il possède une véritable sensibilité écologique et environnementale. Sur Instagram, il invite constamment ses followers à réfléchir et à prendre conscience des liens qui nous unissent au monde animal et végétal. C’est un passionné du monde sauvage dont le travail assure la promotion d’organisations qui œuvrent à la protection de celui-ci

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