Carnet mode

Le diable s’habille en fourrure?

Ecrire ce post et évoquer le sujet de la fourrure sur le blog, j’y pense depuis quelque temps maintenant.
J’y pensais, sans jamais vraiment sauter le pas, car pour moi, quand on parle fourrure, il faut savoir où l’on va et avoir une prise de position ferme, tranchée et catégorique, tant le sujet est épineux et houleux.

Pour tout vous dire, à l’heure où vous lisez ces lignes, je n’en ai toujours pas vraiment. J’en ai des esquisses, je me sens mal à l’aise face à certaines situations, et pourtant au final, je ne suis ni 100% pro fausse fourrure, ni 100% anti vraie fourrure.
Oui, oui vous avez bien lu.

À l’heure où on se soucie de plus en plus d’écologie, de l’état de notre planète et de nos modes de consommation, la souffrance animale au moment de s’habiller est devenue juste intolérable. C’est ainsi qu’on a vu ces dernières années des alternatives au véritable cuir ou à la vraie fourrure se développer.
Alors quand on porte une veste ou un manteau à poils, dans la foulée on clame et haut et fort, à quel point elle est fausse, histoire de montrer qu’on n’est pas une Cruella sans cœur et histoire d’éviter de se faire lyncher. Moi la première je l’ai fait. Ici, ici ou encore ici.
Alors oui je conçois qu’il puisse paraitre bizarre que là maintenant tout de suite, je ne sois pas capable de me prononcer à 100% en faveur de la faussure fourrure. Moi, qui en plus de ça, vous parle à tout-va de vintage, de consommation responsable et de plus d’éthique dans la mode et nos garde-robes.

#fakefur = vraie solution?

Si je ne peux me prononcer en faveur totale de la fausse fourrure, c’est parce que toutes les fausses fourrures ne se valent pas. D’un côté il y a une chose qui est certaine, c’est qu’en amont de la fabrication aucune partie animale n’a été utilisée.
Pour autant, certaines sont fabriquées à partir de matériaux non-naturels, dérivés du pétrole, ce qui au moment de les travailler, rend le procédé hautement toxique pour les travailleurs. Ajoutez à ça dans certains cas des conditions de travail propres aux grandes entreprises de fast-fashion et vous obtenez un cocktail détonnant pour les travailleurs et la planète, l’industrie de la mode à bas prix étant la deuxième plus polluante au monde.
C’est parce que contrairement à la vraie fourrure, les travers de la fausse fourrure sont moins flagrants. L’empreinte sur les animaux est nulle mais pas celle sur l’écologie. Ce n’est pas un win-win total.

#realfur: éthique vs écologie

C’est un fait. Au premier abord, quand je vois une vraie fourrure je suis mal à l’aise.
Et pourtant, si je ne peux me prononcer à 100% à l’encontre de celle-ci, vintage et neuve, c’est parce qu’après réflexion, là encore toutes les vraies fourrures ne se valent pas.
Certaines sont produites dans des conditions désastreuses, aussi bien pour l’animal que pour les travailleurs; elles ont une traçabilité plus qu’opaque, ce qui est déplorable (pour plus d’infos à ce sujet, je vous invite à visionner ce numéro de Complément d’Enquête qui traite de ce sujet. Par contre attention, certaines scènes sont édifiantes). Mais d’autres font partis de l’artisanat ancestral de certaines tribus, notamment chez les Inuits de la côte est du Groenland. Pour eux la fourrure a un aspect vital et artisanal. Dans ces terres où les conditions climatiques extrêmes empêchent toute forme d’agriculture, les animaux à fourrure et leur fourrure sont une manne. Ils utilisent l’animal en entier, le gâchis, la surconsommation n’est pas. Ils se nourrissent de sa viande, utilisent sa graisse pour se chauffer, sa fourrure pour se vêtir et travailler en faisant du commerce avec divers fabricants sélectionnés au compte-goutte. Certes on peut remettre en cause coûte que coûte l’éthique de la démarche, l’utilisation de parties animales, mais au niveau durable, cette même démarche est un peu plus écoresponsable que bien des personnes ou entités se déclarant de cette mouvance.

Selon moi, l’idéal serait d’avoir de manière plus répandue de la fausse fourrure non dérivée de pétrole, biodégradable et produite dans des conditions de travail décentes pour les employés. Ça serait ça le geste véritablement éco, durable et respectueux dans sa globalité. Et lorsqu’on parviendra plus souvent à ça, à plus de traçabilité et de transparence de la part de l’industrie de la fausse fourrure, et bien là je sais que je pourrais véritablement et totalement me prononcer en faveur de l’un des deux camps.

Et vous que pensez-vous de ce débat ?
Arrivez-vous à avoir une position 100% tranchée ou avez-vous un peu plus de tolérance suivant les cas ?

Xx

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2 Comments

  • Reply
    Agathe
    7 décembre 2018 at 18:27

    Bonjour, Merci pour cet article intéressant. Pour ma part, je suis soucieuse de l’environnement et du bien être animal (je suis végétarienne, j’achète un maximum de bio, local et de saison, j’achète peu de vêtements mais de bonne qualité etc). Et pourtant comme vous, je ne suis 100% pro fausse fourrure, ni 100% anti vraie fourrure. La vraie fourrure, je trouve cela beau (pas tout le temps mais souvent), confortable mais je vois aussi les animaux qui ont été tués. Surtout que la plupart sont aujourd’hui élevés dans des conditions déplorables. Quant à la fausse fourrure, si certaines sont très jolies, le fait qu’elle soit dérivée du pétrole mais laisse un avis mitigé. Pour avoir testé, je trouve que cela ne tient pas chaud. Alors j’ai trouvé un compromis, moi qui aime le vintage, je ne porte que de la fourrure (vraie ou fausse) récupérée, ancienne, achetée dans une brocante ou dans une friperie.

    • Reply
      Les Carnets d'Aurélia
      8 décembre 2018 at 20:09

      Bonjour Agathe! Merci pour ton commentaire!
      Comme quoi! Effectivement le vintage est (comme souvent ahah, c’est la fan de vintage en moi qui parle!) une excellente solution, puisque les pièces ont déjà été produites et sont là. Et je trouve notamment quand c’est de la vraie fourrure, qu’elles sont beaucoup plus belles et « puent moins la mort » que les pièces nouvellement produites.
      à bientôt! Xx

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