Mes looks

Don’t believe the hype

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Il n’est pas toujours bon de croire tout ce qu’on voit, en particulier dans les médias. 1988, Public Enemy nous le disait déjà, avec ce track, Don’t Believe the Hype; 2015, Essena O’Neil, une australienne instafamous est là pour nous rafraichir la mémoire.

Début novembre, cette it-girl 2.0, a décidé de révéler le behind the scene de quantité de ses photos Instagram. Et là, stupeur. Pas de glamour, pas de paillettes qui se collent à nos yeux, à la place, la vérité, une vérité crue. Elle déclare que toutes ses photos sont mises en scène de A à Z et qu’elle a tenté à chaque cliché de faire paraitre sa vie plus merveilleuse et plus parfaite qu’elle ne l’était en réalité. Une situation aujourd’hui éprouvante et anxiogène pour elle. Essena a depuis supprimé l’ensemble de ses comptes sur les réseaux sociaux et a ouvert un site web à travers lequel elle entend inspirer différemment les gens.

Depuis ce coup de tonnerre, appelé de nos jours « buzz », bon nombre lui ont emboité le pas.
« Cette photo a l’air d’avoir été prise à la volée, mais elle est calculée de A à Z », « J’ai l’air heureuse, mais en fait je ne l’était pas », « Ce maquillage d’Halloween? Je me suis forcée, je pensais que c’était la chose à faire, alors que je n’en avais pas envie », sont autant de phrases que l’on peut désormais lire à côté de photos non retouchées, qu’il s’agisse de booty à la cellulite apparente ou bien de visages non fardés. Donc après nous avoir fait bader au possible, l’heure est à la rédemption. Certains saluent cette démarche (j’en fais partie), et certains la critique (j’en fais également partie, haha).

On blogue tous pour différentes raisons. Que ce soit sur un site web dédié, une page Facebook ou un compte Instagram. Ce sont tout autant de raisons qui nous animent à l’heure de continuer. Passion, reconnaissance des pairs, exutoire, opportunités professionnelles, appât du gain, à chacun son histoire et ses motivations. Bloguer est une activité où l’on donne de sa personne, de son temps et où on rend vivantes ses idées. C’est une activité artistique qui implique un processus créatif où l’on se met plus ou moins à nu (sens propre comme figuré pour certaines).
Des fois, à l’instar des chanteurs, qui sortent toujours « l’album le plus abouti, le plus mature, le plus réfléchi et le plus personnel de leur carrière » (regardez bien, ils en ont quasi tous toujours un), beaucoup de blogueurs traversent une phase, marquée par un post, qui fait qu’après, les choses ne seront plus comme avant. Un post qui dénote une prise de conscience par rapport à certaines choses. Dans mon cas, cela c’est fait avec l’article Hiya. Quelques semaines avant sa publication, je traversais une période où je n’avais plus trop cœur à bloguer. Où je me sentais obligée de poster certaines choses parce que, implicitement c’était ce qui était en vigueur dans la blogoshpère. Je me sentais tiraillée entre ce qu’il fallait faire et ce que j’avais envie de faire. Une époque où parcourir les comptes Instagram de certaines ne m’inspirait pas le moins du monde, mais me faisait me sentir diminuée, pas aussi douée. J’avais la sensation que dans un univers rempli de Gisele Bundchen, j’étais Daria.

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Mais parce que je ne suis pas du genre à laisser le navire couler (ouais c’est très imagé pour parler de bibi ^^), j’ai choisi de prendre du recul sur ces comptes dignes de productions Bollywoodiennes. Une partie de mon salut est passée par la mise en maintenance de mon site, afin de me recentrer sur moi et sur ce qui me plaisait dans le fait de bloguer.
Depuis, j’ai décidé de me concentrer sur mon propre potager au lieu d’épier l’herbe du voisin. J’ai également fait le pari audacieux avec moi-même, d’arrêter de m’attarder sur des chiffres qui n’augmentent pas comme je le souhaite, ni de manière aussi exponentielle que d’autres. Parce que si la valeur n’attend pas le nombre des années, la valeur d’une blogueuse ne se résume pas à un nombre d’abonnées. Les blogueuses lifestyle sont de loin mes préférées: ce sont des filles inspirantes qui élèvent mon esprit et non juste ma capacité à acheter.

Bloguer ce n’est pas se structurer et répondre à des codes, mais plutôt à SES propres codes.
La quête d’originalité absolue ne devrait pas elle non plus être une mode. Quand on a les mêmes centres d’intérêts, on aime souvent les mêmes choses. Du coup, il y a beaucoup des gens qui aiment profondément les univers blancs, les petits chatons et les macarons. Qui ont un appart’ constamment bien rangé et chargé de bougies. Personne ne leur demande de changer. Le problème commence à partir du moment où ce mode de vie est multi-diffusé, qu’il est érigé en standard et par extension en perfection, et où on somme implicitement d’autres à tendre vers ce modèle.
Bien avant Essena O’Neil des blogueuses moins médiatisées, mais que je trouve ultra-talentueuses et inspirantes, Gladwood et Dollyjessy entre autres, s’interrogeaient déjà sur cette situation.

Le recul m’a fait réaliser que les mots, l’écriture étaient tout aussi importants pour moi, que la mode et les photos de looks. J’aime accompagner mes looks de texte, qu’ils soient légers, comiques (j’essaye, j’essaye ^^) ou profonds. Peu conventionnel je vous l’accorde, mais détailler un look que vous verrez sous tous les angles sur une dizaine de photos, et dont je poste les liens de façon plus que concise, je ne vois pas l’intérêt. Bloguer m’a permis d’acquérir plus de confiance en moi, de peaufiner ma plume, de développer des compétences en informatique que je n’aurais jamais imaginé avoir et de donner libre court à mon imagination. L’appareil photo n’est plus cet objet que je fuis. J’ai appris à connaitre mes atouts et à les présenter sous leur meilleur jour, à poser et à capter la lumière. Alors oui, sous ce postulat, on peut sans doute dire que mes photos bénéficient d’une mise en scène, mais elles n’ont pas vocation à refléter une quelconque perfection. Ce que je montre, je le porte. Je n’adopte pas une posture si je n’en ressens pas l’envie. La plupart du temps sur ces mêmes clichés je suis mal coiffée et peu maquillée, comme dans la vie de tous les jours en fait.

Ce qui me désole un peu dans l’histoire d’Essena O’Neil, c’est cette propension qu’ont eu certains à presque se réjouir du mal que peuvent faire les réseaux sociaux et les pointer encore un peu plus du doigt. Comme si nous, génération Y ne savions pas vivre avant sans. Je n’ai pas attendu Instagram pour avoir un mode de vie fit et healthy. Pour autant ça ne m’empêche pas de faire des écarts ou de ne pas avoir envie de faire de sport des jours durant. Je ne ressens pas le besoin de poster tous mes workouts, sorties ou photos de voyages sur la toile, ou le besoin de présenter mon chez moi ou ma famille sur Snapchat.

Alors, certes, l’ère du tout Internet peut faire des victimes. Mais il y a aussi de belles histoires grâce à ça. Un peu comme dans la vraie vie.
On pointe souvent le mal que font Instagram, Facebook et consort sur l’image qu’ont certains d’eux-mêmes, en oubliant surement que la TV ou les magazines ont eu pendant des années et ont encore, cet effet de destruction massive de l’ego.

Au final, peut-on réellement reprocher à certaines d’être responsables de notre manque de confiance, quand il existe quantité d’autres qui nous aideraient à croire un peu plus en nous? Peut-on vraiment reprocher à certaines de donner l’image d’une vie parfaite, alors qu’elle bossent dur pour réaliser LEURS rêves ?
Alors certes assumer qu’on est tous imparfaits ça fait du bien et ça éviterait bien des petites phases de déprime, mais on oublie souvent qu’avant de devenir victime, un choix s’offre aussi à nous, celui de nous déconnecter et de prendre le temps de faire des choses qui nous font nous sentir intrinsèquement bien.

 

Le look:

Bomber: Vintage (similaire ici)
T-shirt à manches longues: Asos
Jean: Asos
Bandana: Vintage (similaire ici)
Bottines: New Look (similaires ici)

Photos: Yasmine Bennis

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2 Comments

  • Reply
    gladwood
    12 décembre 2015 at 13:00

    Je pensais avoir commenté ton article, mais apparemment : non !
    Déjà, merci, merci pour ton petit mot adorable, même si le mot « inspirante » il est un peu fou-fou pour me décrire haha !
    Ensuite, je ne sais pas si tu le sais, mais je fuis souvent les blogs beauté & mode. Et quelle agréable surprise, découverte que le tient. Enfin une blogueuse qui ne se contente pas de prendre ses looks en photo, tu fais partie de celle qui écrit en plus ! Une perle rare !

    Bonne continuation ♥

    • Reply
      Les Carnets d'Aurélia
      22 décembre 2015 at 01:14

      Merci beaucoup!! Ton petit mot me fait énormément plaisir.
      Si, si je maintiens tu es une inspiration. Tu as une très belle plume et j’adore ton franc-parler.
      Bonne continuation à toi aussi 🙂
      à bientôt!

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